Les matins fraîchissent, et certains coureurs le sentent tout de suite : une petite toux au bout de quelques minutes, la poitrine qui serre, un sifflement à l'arrivée. On met ça sur le compte de la forme ou du changement de saison. Parfois, c'est autre chose : un asthme d'effort.
Bonne nouvelle, cela n'empêche généralement pas de courir, à condition de le savoir et d'être suivi. Voici ce qu'il faut en retenir avant les mois froids.
C'est quoi, au juste ?
À l'effort, les bronches peuvent se rétrécir, ce qui provoque toux et essoufflement. La Dr Cécile Olivier, pneumologue à Lille interrogée par Decathlon, explique que la gêne arrive en général 5 à 10 minutes après le début de l'effort, ou une fois qu'on s'est arrêté.
Ce détail aide à la distinguer du simple essoufflement du manque d'entraînement, qui touche surtout les personnes peu actives et s'améliore avec les semaines. Mais seul un médecin peut trancher : d'autres problèmes, notamment cardiaques, peuvent aussi essouffler.
Pourquoi le froid et la course n'arrangent rien
Quand on court, on respire vite et surtout par la bouche. L'air n'est donc plus réchauffé ni filtré par le nez, et il arrive froid et sec dans les bronches, ce qui peut déclencher la gêne. C'est aussi pour cela que, selon la pneumologue, la course à pied incommode davantage que le vélo.
L'hiver n'est pas le seul moment à surveiller : les pics de pollution et, pour les personnes allergiques, la saison des pollens jouent aussi. La Revue du Praticien conseille d'éviter les efforts intenses par temps froid, sec ou très chaud, ainsi que lors des alertes pollution.
L'échauffement, votre meilleur allié
La pneumologue recommande au moins 10 minutes d'échauffement. Un article de La Revue du Praticien, signé du Dr Yan Martinat, va jusqu'à une vingtaine de minutes et décrit des formules faciles à reprendre :
- En alternance : 1 à 2 minutes de course lente, puis de la marche, et on recommence.
- En continu : environ 15 minutes à allure très facile.
Prévoyez aussi un retour au calme plutôt qu'un arrêt net, puisque les symptômes peuvent apparaître juste après l'effort.
Nos réflexes pour les sorties froides
- Couvrez le nez et la bouche avec un tour de cou ou une écharpe légère, pour réchauffer et humidifier l'air.
- Ménagez le début de séance, surtout le jour où vous avez prévu du fractionné.
- Adaptez selon la météo : si l'air est très froid et sec, transformez la séance dure en footing, ou remplacez-la par du renfo à l'intérieur.
- Gardez votre traitement sur vous si un médecin vous en a prescrit un, y compris sur une sortie courte, et pas dans la voiture.
- Prévenez le groupe : dites à vos partenaires où se trouve votre inhalateur. Courir accompagné, c'est aussi plus rassurant.
Quand consulter, et quand réagir vite
Si vous toussez ou sifflez régulièrement à l'effort, prenez rendez-vous avec votre médecin, sans attendre le printemps. Lui ou un pneumologue pourra confirmer l'origine de la gêne et, si besoin, prescrire un traitement. Un médicament peut être pris avant l'effort, mais le choix et le moment se décident avec lui : on n'emprunte pas l'inhalateur d'un copain. Un asthme doit être bien contrôlé pour courir sereinement.
Si la gêne respiratoire est forte, si elle ne passe pas à l'arrêt ou malgré le traitement prévu, si la personne a du mal à parler : on arrête la sortie et on appelle le 15 ou le 112. Une douleur dans la poitrine ou un malaise à l'effort justifient le même réflexe.
Bien pris en charge, l'asthme d'effort reste compatible avec la course. Il demande juste un peu plus de patience au départ. Si vous aviez levé le pied par crainte, parlez-en à votre médecin, puis venez reprendre tranquillement avec nous : les rendez-vous sont sur la page Entraînements.
Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Pour tout traitement, suivez la prescription de votre médecin ou de votre pneumologue.
